Rapport du secteur de généalogie
Bulletin Contact-Acadie, no 28, printemps 1997

Le Dictionnaire généalogique des familles acadiennes

Nous avons achevé la vérification de la conformité des renseignements inscrits dans la première partie du dictionnaire généalogique là où une personne est mentionnée à plus d'une reprise. Nous avons fait allusion à cette étape importante de travail dans notre rapport de juin (Contact-Acadie, no 27, p.10). Nous avons ensuite vérifié toutes les corrections apportées jusqu'à dateau texte de la première partie du dictionnaire. Maintenant, nous en sommes à la lecture finale de la version corrigée. Nous procéderons sous peu à la préparation de l'avant matière du dictionnaire, qui consiste principalement en une bibliographie critique et un exposé de la méthodologie employée dans la reconstitution des familles.

Durant l'automne, nous avons compulsé le Répertoire des baptêmes, sépultures et annotations marginales de Saint-Jacques de l'Achigan (comté Montcalm), par Mme Olivette Dufault-Leblanc. Par cette recherche, nous avons repéré six actes de sépulture concernant des personnes qui figurent dans la première partie du dictionnaire, ainsi que des centaines d'autres concernant des personnes qui paraissent dans la suite, ce qui nous amène jusqu'à la sépulture de Zoé Bourgeois, le 30 mai 1898. Zoé était la plus jeune et la dernière survivante des enfants issus du deuxième mariage de Joseph à Guillaume Bourgeois (1752-1813), chef de la famille Bourgeois qui porte le no 59 dans la seconde partie du dictionnaire.

Des échanges de renseignements avec Mme Josette Brun, assistante de recherche du professeur John Dickinson, de l'Université de Montréal, nous ont également aidé à compléter les dossiers de certaines familles qui sont reconstituées dans la première partie du dictionnaire. En effet, parmi les extraits consultés grâce à l'aide de Mme Brun se trouvaient des références aux cinquante-cinq actes de sépulture, neuf actes de mariage et même trois actes de baptême que nous ne connaissions pas mais qui concernent des membres de ces mêmes familles. Mme Brun nous a aussi accordé l'accès à un dossier d'extraits des minutiers notariaux. Ces extraits nous étaient surtout utiles en nous signalant l'existence de certains contrats de mariage et en nous fournissant les âges des contractants. À cet égard, l'âge d'un certain François Richard a spécialement attiré notre attention. Le contrat de mariage attribue à ce dernier six ans de plus que nous aurions supposé, ce qui nous a posé une difficulté, car François serait donc né lorsque celle que nous avions cru être sa grand-mère maternelle n'avait que vingt-sept ans. En revenant sur nos sources, nous avons vite découvert qu'il existait de la confusion entre les familles de deux Martin Richard, père et fils. Le premier était l'époux de Marie Cormier et le dernier, celui de Marguerite Cormier. Il n'est donc pas difficile de comprendre comment cette confusion a pu naître. Auparavant, nous avions placé François dans la famille de Martin Richard fils. Ceci était incorrect et nous avons maintenant preuve du contraire. Dans l'acte du deuxième mariage de la veuve de ce François Richard (Rg Ste-Croix de Lotbinière 22 avril 1771), Jean Richard, fils de Martin père, est mentionné en tant que beau-frère de l'épouse. Ce Jean Richard était donc le frère de François et non pas son oncle, comme nous l'avions supposé. En vérifiant l'acte de son propre mariage (Rg Ste-Anne-de-la-Pocatière 8 nov 1762), nous avons par la suite constaté que François était bel et bien le fils de Marie, et non de Marguerite, Cormier. L'erreur semble devoir son origine à Mgr Tanguay (Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, vol. VI, p. 559).

Parmi les extraits des greffes que Mme Brun nous a transmis, il y en avait aussi un qui se rapportait à un acte de «notoriété» de la communauté entre le feu Sieur Mathieu de Goutin et la feue dame Jeanne Thibodeau, en date du 19 novembre 1750, tiré des minutes de Jean Laborde, à Louisbourg (ANF, Col., G3, 2047). Cet acte fournit des précisions très intéressantes concernant les enfants de Goutin-Thibodeau. Parmi ces informations, celle qui nous a le plus captivé était la mention de Joseph de Goutin de Ville, l'un des fils, comme «sédentaire» à la Nouvelle-Orléans. Nous étions beaucoup impressionné d'apprendre que Joseph, qui est né à Port-Royal le 19 mars 1705 et qui était donc acadien de naissance, se soit rendu en Louisiane avant le Grand Dérangement. Ceci nous a amené à repasser des documents louisianais, afin de savoir si Joseph y a laissé de la progéniture. En effet, nous avons appris qu'il a effectué un contrat de mariage, le 29 juillet 1747, avec Marie-Jeanne Caron, fille de Jean Caron, avec laquelle il semble avoir eu neuf enfants; nous avons repéré les actes de baptême de sept de ses enfants dans les répertoires de l'archidiocèse de la Nouvelle-Orléans; deux autres sont signalés dans le recensement de la même ville daté 1763. Subséquemment, en examinant dans les mêmes répertoires les actes concernant les premiers Acadiens réfugiés en Louisiane, nous avons été surpris de voir que Jean-Baptiste de Goutin de Ville, le fils aîné de Joseph, ait servi de parrain à Jean-Baptiste Poirier, l'un des enfants de ces réfugiés, le 1er mars 1764. Nous ne croyons pas que ceci s'est produit par hasard. Le groupe de réfugiés était composé de quatre familles venues de la Georgie: celles d'Olivier Landry, de Jean Poirier, de Jean Cormier et de Jean Richard. Cormier était le mari de la soeur de Richard, Poirier était le gendre de ce dernier et Landry était l'époux de la soeur de Poirier. De plus, Olivier Landry était le petit-fils d'Antoine Landry et de Marie Thibodeau et donc le fils du cousin germain de Joseph de Goutin de Ville. Est-ce qu'Olivier avait déjà fait contact avec ce dernier avant de venir en Louisiane? Cela nous semble fort possible. Nous croyons que le rôle que Joseph de Goutin de Ville a pu jouer dans l'implantation des Acadiens en Louisiane mérite d'être exploré. Par sa descendance de la famille Thibodeau, Joseph était le parent de nombreux réfugiés qui sont arrivés là-bas aux années 1760. Notons, par exemple, que Joseph était le cousin germain des épouses des célèbres frères Broussard dit Beausoleil. Est-ce que la présence parmi la bourgeoisie louisianaise d'un membre de leur parenté a influencé leur détermination à se diriger vers l'ancienne colonie française, plutôt qu'ailleurs?

La Banque de données généalogiques acadiennes

Grâce à une subvention de 20800$ obtenue dans le cadre d'un programme de création d'emplois, nous avons pu embaucher deux personnes pour faire avancer les divers projets du Centre. Une des deux, Mme Nancy Vautour, a été affectée à la saisie des données dans la banque informatisée de données généalogiques. Mentionnons que Mme Vautour faisait partie de la première équipe qui a travaillé dans ce secteur en 1994 et 1995.

Pendant son stage de six mois ici, entre juin et décembre 1996, Mme Vautour a mené à bonne fin la saisie initiale des données généalogiques contenues dans le manuscrit du Dictionnaire généalogique des familles acadiennes. Subséquemment, avec l'aide de notre collègue Kenneth Breau, nous avons fait fusionner la banque principale de données avec celle que nous avons constituée pour les familles de l'île Royale (Contact-Acadie, no 27, p. 10). Chose quelque peu extraordinaire, le nombre total d'individus dans la banque combinée se chiffre à un peu plus de 80000, ce qui coïncide avec l'estimation que nous avons proposée en 1993, avant le début du projet d'informatisation. Nous avons ensuite fait vérifier la qualité des données dans la banque combinée en utilisant le programme utilitaire conçu à cette fin. Avant son départ, Mme Vautour a pu faire l'ébauche d'une vérification globale des données dans la banque, en plus de faire des ajouts à partir de nos recherches récentes sur certaines familles acadiennes du Québec. Il reste encore à compléter la vérification, afin surtout d'éliminer la duplication découlant du fusionnement des deux banques de données.

Le répertoire des mariages de l'archidiocèse de Moncton

C'est aussi Mme Nancy Vautour qui a achevé la transcription des renseignements pour notre projet de répertoire de mariages. Le brouillon remplit quelque 2100 pages. Moyennant dix entrées par page, cet index double (c'est-à-dire, composé de noms d'hommes et de femmes) renferme environ 10000 mariages. Une fois la vérification de la transcription faite, nous procéderons à la publication de ce que nous estimons un outil de recherche précieux à tous ceux qui s'intéressent aux généalogies des familles acadiennes du sud-est du Nouveau-Brunswick.

Le recueil des origines des Acadiens des 17e et 18e siècles

Tel que mentionné dans notre dernier rapport (Contact-Acadie, no 27, p. 11), nous avons entamé avec Damien Rouet un projet de recherche sur les origines des habitants de l'Acadie ancienne. Grâce à deux subventions, deux assistants de recherche, soit Tony Chiasson et Amélie Giroux, ont été affectés à ce projet. Ils ont assez rapidement parcouru nos soixante-dix-sept cartables de généalogies, ont saisi tous les renseignements ainsi recueillis et ont extrait de la base de données ainsi bâtie une liste de toutes les personnes pour lesquelles nous possédons au moins des indices minimales des lieux d'origine en Europe. Nous allons en faire la vérification aussitôt terminée la rédaction de l'avant matière de la première partie du dictionnaire généalogique.

Publications

Depuis mai dernier, nous contribuons une chronique de généalogie au bulletin Retrouvailles de la Fédération des associations de familles acadiennes. Ces chroniques renferment surtout deux types de renseignements: des «saviez-vous» traitant des faits méconnus concernant toute une diversité de familles acadiennes et des notules généalogiques exposant des problèmes de recherche. Jusqu'à maintenant, nous avons profité de l'occasion pour faire mieux connaître certaines esquisses généalogiques qui ont paru jadis dans le Contact-Acadie. Nous avons déjà republié des extraits des Contact-Acadie, nos 13, 18, 26 et 27. Un des objectifs de la chronique est d'accroître le plus possible l'intérêt à l'égard de la généalogie acadienne. Nous faisons souvent allusion à des personnages bien connus. Dans les deuxième et quatrième livraisons des Retrouvailles, par exemple, nous avons parlé de l'ascendance acadienne de la vedette américaine Madonna. Vu que Retrouvailles est distribué avec la revue Ven'd'est, un assez grand nombre de lecteurs ont pris connaissance de cette ascendance. Ceci a piqué la curiosité du journaliste Luc Chartrand, à qui nous avons ensuite accordé une entrevue qui a fait l'objet d'une note dans la revue L'Actualité (janvier 1997, p.9). Tout le monde s'intéresse à la généalogie acadienne, dans la mesure où la généalogie acadienne touche à ce qui intéresse tout le monde.

Notre participation dans le colloque «Les reconstitutions familiales comme source de recherche», organisé conjointement par la FAFA et le CEA, a abouti à un article intitulé «Les normes de la généalogie acadienne» (Cahiers de la Société historique acadienne, vol. XXVII, nos 2-3, juin-septembre 1996, p. 52-59). Cet article résume notre communication ainsi que celles de Marcel Barriault et Paul Delaney, les autres participants à la table-ronde que nous avons animée.

Conférences et autres communications

Le 20 août, nous avons présenté une conférence intitulée «Problems in Acadian Genealogical Research», à l'Université d'Ottawa, dans le cadre du 22e Congrès international des sciences généalogique et méraldique. Le texte de cette conférence sortira prochainement dans les actes du congrès.

Le 26 août, nous avons accueilli au Centre d'études acadiennes un groupe de chercheurs de la New England Historic Genealogical Society. Nous aimerions remercier notre ami Paul Delaney de son aide en facilitant les recherches de ces généalogistes.

Le 12 octobre, nous avons prononcé une conférence portant sur les nouveaux outils de recherche en généalogie acadienne qui paraîtront ou deviendront accessibles dans un avenir rapproché, soit la première partie du Dictionnaire généalogique des familles acadiennes, le Répertoire des mariages de l'archidiocèse de Moncton, le Recueil des origines des Acadiens des 17e et 18e siècles et la Banque de données généalogiques acadiennes. Cette conférence a été présentée au Congrès marquant le trente-cinquième anniversaire de la Société de généalogie de Québec, tenu à Sainte-Foy.

Le 19 octobre, c'était aux Archives publiques de la Nouvelle-Écosse, à Halifax, que nous avons adressé la parole à la Genealogical Association of Nova Scotia. Le sujet cette fois était les sources de recherches généalogiques concernant les Acadiens de la Nouvelle-Écosse.

On cherche jusqu'à ce qu'on trouve

Il n'y a pas longtemps, un chercheur nous a posé la question suivante: après avoir compulsé les registres paroissiaux et les recensements, quelles autres sources de renseignements devrait-on consulter? Bien sûr, si les registres étaient bien conservés et avaient été, dans leur forme originale, bien tenus, le généalogiste pourrait s'attendre à y trouver tout ce qu'il lui faut pour la reconstitution des familles. Il est toujours souhaitable, même là où les registres semblent fournir tout ce que l'on désire, de comparer les données extraites des registres avec celles contenues dans les recensements. En combinant ces deux grandes sources, on peut avec confiance faire une reconstitution généalogique fidèle. Ceci est une vision idéale de la question. En réalité, il faut plutôt se servir et des recensements et des registres pour combler les déficiences des uns et des autres. Mais comme nous avons souvent répété dans cette chronique, pour la plupart de notre histoire la documentation sur les Acadiens est lacunaire ou même parfois non-existante, et il nous faut donc examiner toutes les sources possibles. On veut bien, après tout, obtenir des solutions à toutes nos difficultés de filiation, même si ça exige un travail de moine et parfois la patience d'un ange.

Alors, quelles autres sources nous sont disponibles? Considérons la période la plus difficile pour la recherche généalogique acadienne dans les provinces Atlantiques: le demi-siècle suivant la Déportation de 1755. Durant cette époque, il n'existe que quelques fragments des registres de missionnaires et aucun recensement nominatif. Il n'y avait aucun journal acadien. Les Acadiens n'avaient pas le moyen ou le goût d'ériger des pierres tombales qui conserveraient de façon durable la mémoire des leurs. Heureusement, nos devanciers en recherche, surtout Placide Gaudet, nous ont laissé beaucoup de renseignements concernant les familles de certaines régions, ayant recueilli ces renseignements pendant les années 1870, 1880 et 1890 auprès des vieillards qui pouvaient se rappeler leurs aïeux de l'époque du Grand Dérangement. Toutefois, Gaudet n'a pas pu mener des enquêtes auprès des vieux de tous les villages acadiens des provinces Maritimes. Dans certains cas, en analysant les dispenses dans les actes de mariages, nous pouvons corroborer ses affirmations, et même établir des liens dont il ne parle pas, mais en dépit de tout cela il reste toujours des mystères.

Il y a un autre genre de documentation auquel nous pouvons avoir recours. Ceci est composé de tout ce qui se rapporte à la propriété. L'importance des biens va sans dire. Il fallait aux ancêtres de la terre, et beaucoup d'autres choses, pour faire leur vie. On ne confiait donc aucun de ses biens aux étrangers, mais on voulait plutôt qu'ils passent aux membres de la famille. Les greffes des comtés sont ainsi des mines de renseignements pour les généalogistes qui savent bien que des transferts de terre peuvent, par exemple, mentionner des liens de parenté, ou regrouper les héritiers d'un ancêtre quelconque. Dans certaines parties du pays, les Acadiens ne vivaient pas exclusivement par la terre, mais aussi par la mer. Dans ces régions, les navires étaient aussi nécessaires que les concessions.

Récemment, l'historien Régis Brun a apporté à notre attention une collection de documents concernant les navires de l'île du Cap Breton (Grande-Bretagne, PRO, CO 221, vol. XXXIV, Cape Breton Shipping Returns). Ces documents remontant à la création de la colonie en 1784, mentionnent de nombreux Acadiens de la région de l'île Madame. Ces gens-là étaient déjà à cette époque des navigateurs de marque, ayant hérité l'habileté en mer de leurs grands-pères qui demeuraient à Port-Toulouse avant la prise de Louisbourg. Nous les connaissons très bien, beaucoup d'entre eux ayant apposé leurs noms en 1786 à l'adresse au lieutenant-gouverneur DesBarres qui faisait l'objet de notre article «Les fondateurs de la paroisse d'Arichat, Cap-Breton» (Cahiers de la Société historique acadienne, vol. XXIII, 1992, p. 4-26). Dans ce cas-ci, et les capitaines et les propriétaires de goélettes ou de chaloupes sont nommés. Les liens de parenté entre ces deux groupes d'hommes ne sont pas signalés, mais ils peuvent être assez évidents. Nous remarquons, par exemple, qu'en 1786, «B. Fugere» avait la charge de la chaloupe Eagle, de dix tonneaux, qui appartenait à «P.» Beauséjour. Or, Paul Godin dit Beauséjour était le deuxième mari de Madeleine Dugas, la mère de Boniface Fougère. De même, en 1800, nous trouvons J. Babin comme capitaine de la goélette Charlotte, de cinquante-deux tonneaux, dont «U.» Marchand était le propriétaire. À cette époque, Joseph Babin était marié depuis environ quatre ans à Madeleine Marchand, fille aînée d'Eustache Marchand. De plus, nous constatons que la goélette a été nommée d'après Charlotte Boudrot, qui était à la fois l'épouse du propriétaire et la belle-mère du capitaine. Dans ce contexte, une autre entrée nous semblait fort importante. Entre 1805 et 1807, «G. Siverit» était le capitaine de la goélette Prudent, de soixante-neuf tonneaux, qui appartenait à «M. Forrest». Or, depuis de nombreux ans, nous cherchions une indice quelconque de la filiation d'Angélique Forest, qui est devenue vers 1805 la première épouse de Georges Sivret. Enfin, voilà ce que nous cherchions. Si Eustache Marchand avait mis son gendre Joseph Babin au gouvernail de sa goélette, n'aurait pas Maximien Forest fait la même chose? Il nous semble bien que c'est justement ce qu'il avait fait. Nous concluons donc que la première épouse de Georges Sivret était l'une des six filles de Maximien Forest et de Scholastique LeBlanc. Malheureusement, l'acte de mariage de Georges Sivret avec Angélique Forest est disparu depuis l'incendie du presbytère d'Arichat durant la nuit des 23-24 novembre 1838.

Cette conclusion au sujet d'Angélique Forest nous a mené à la solution d'un autre énigme généalogique. Les registres de Bonaventure, en Gaspésie, font mention d'Olive Forest, qui a épousé en premières noces, vers 1820, Georges Beaucamp (ou Beauchamp) et en secondes noces, le 8 novembre 1836, Jean Laroque, fils de Jean Laroque et de Brigitte Laroque. Cette même Olive se voit, cependant, attribuer le nom de famille Sivret dans l'acte de mariage de son fils Georges Beaucamp, dans le registre de Paspébiac, le 8 juin 1852. Comment expliquer cette substitution du nom de Sivret pour celui de Forest? De tels changements se produisaient assez souvent dans le passé lorsqu'un enfant a été élevé par d'autres que ses père et mère; l'enfant retenait normalement son vrai nom, mais était aussi parfois connu sous le nom de ses père et mère adoptifs. Nos recherches sur les familles d'Arichat nous ont appris que Scholastique LeBlanc, la première épouse de Maximien Forest, est prématurément décédée, vers 1805, laissant une nombreuse famille. Maximien s'est vite remarié à la veuve de Pierre-Bernard Loubert, de Carleton. Cette dernière, née Angélique LeBlanc, est venue s'établir à Arichat avec son nouveau mari. Entre temps, qui aurait pris charge des jeunes enfants, sinon les plus vieux de la famille? Il n'est ainsi aucunement surprenant d'apprendre qu'Angélique, déjà mariée, eût pris chez elle sa jeune soeur, Olive, qui n'avait probablement que trois ou quatre ans. Par la suite, Olive Forest a pu porter le nom de Sivret comme souvenir de son adoption par Georges Sivret. Nous croyons donc qu'Olive Forest était aussi une des filles de Maximien Forest et de Scholastique LeBlanc. Mentionnons que

Charles Forest, lui aussi enfant de Maximien et de Scholastique, est l'ancêtre de tous les Forest de la Gaspésie.

Stephen A. White