«Le Vide n'existe plus»
© 1993 -R. Saucier
Onze chevalets sont placés de façon à ce que chacun des capteurs solaires qu'ils supportent s'aligne parfaitement sur l'arc de cercle décrit par un pendule. Un projecteur éteint, fixé à l'extrémité du balancier, est hissé par un mécanisme jusqu'au plafond. Après s’être allumé, le spot est lancé dans le vide; l'amplitude des oscillations diminue jusqu'à l'arrêt complet, à l'intérieur de quelques minutes. Les onze capteurs solaires sont reliés à autant de postes de radio syntonisant des stations émettrices différentes. Dans le bref instant que le projecteur en mouvement leur fournit de l'énergie, à tour de rôle, les radios émettent quelques sons (un mot ou une partie de phrase) dont la cohérence aléatoire rappelle les «cadavres exquis» des surréalistes.
Dans cet environnement contrôlé, l'aléatoire et le vertige demeurent. L'oeuvre est amorcée par des mécanismes visibles, donc identifiables et prévisibles dans leur action. Cependant, l'action mise en scène est totalement arbitraire et ne transmet que des informations parcellaires. Quand le balancier se trouve en position parallèle au plafond, puis lancé dans le vide, sa chute semble quelques instants définitive et constitue le moment de vérité, l’instant d'inquiétude... Puis tout repart.