Les AmérindiensA l'origine, l'Acadie était habitée par deux grandes tribus de la famille algonquine, les Micmacs, aussi appelés Sourquois, et les Malécites, également nommés Etchemins. Les Français, notamment les missionnaires, gagnèrent la confiance et l'appui des Amérindiens d'Acadie. L'influence de l'Europe sur la culture amérindienne fut ressentie en profondeur à tous les niveaux. Néanmoins, les colons profitèrent aussi des contacts avec les indigènes, puisque ces derniers leur montrèrent l'usage de la raquette, des mocassins, du canot d'écorce, etc. La traite de la fourrure était à la base des échanges entre les Français et les Amérindiens. Les Français échangeaient, entre autres, des fusils, des chaudrons et de la verroterie contre les peaux de divers animaux tels que le castor, l'orignal et la loutre. Au point de vue militaire, les Amérindiens représentaient pour les Français un élément de défense majeur contre les Anglais. |
Les découvreursDe grands découvreurs tels que Christophe Colomb, Jean Cabot, Giovanni de Verrazano et Jacques Cartier ouvrirent la voie à plusieurs autres explorateurs attirés par les richesses de ce nouveau continent. Le contact avec cette partie de l'Amérique du Nord se maintient principalement par la pêche sur les bancs de Terre-Neuve et par la traite de la fourrure avec les Amérindiens. L'Acadie, au début du 17e siècle, était habitée par environ 15 000 Amérindiens. Deux grandes tribus y vivaient: les Micmacs et les Malécites. |
Reproduction de la carte de l'Acadie par Samuel de Champlain, 1613. |
En 1523, au cours de son voyage le long des côtes de la Georgie jusqu'au Cap-Breton, Giovanni de Verrazano fut tellement émerveillé par la beauté de l'endroit, qu'il nomma cette région Arcadie car elle lui rappelait l'Arcadie de la Grèce ancienne. Avec l'évolution et la précision de la cartographie nord-américaine, le "r" fut éliminé.
Selon les linguistes, le mot "cadie" utilisé pour désigner ce territoire vient du dialecte indigène. Le nom d'Acadie prendrait son origine soit du mot Micmac "Algatig", qui veut dire campement, soit d'une déformation du mot malécite "Quoddy", qui désigne des lieux fertiles tels que Shubenacadie, Tracadie et Passamaquoddy.
Île Ste-Croix |
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Pierre du Gua, Sieur de Monts obtint du roi de France le monopole de la traite de fourrure en Acadie. Il organisa une compagnie et, accompagné de Samuel de Champlain, il traversa l'Atlantique en 1604 pour coloniser son nouveau domaine. Explorant les côtes de la Baie Française, ils s'établirent sur une petite île à l'embouchure de la rivière Sainte-Croix. L'hiver de 1604-1605 fut précoce et très dur pour les colons: mal protégés et mal nourris, trente-six des quatre-vingt colons périrent. |
Dessin des premières
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Port-Royal |
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L'hiver pénible passé à l'Ile Sainte-Croix força le Sieur de Monts à chercher refuge ailleurs. Il opta pour Port-Royal, situé à l'autre côté de la Baie Française. Cet effort de colonisation ne dura cependant que huit ans; en 1613, une attaque anglaise menée par Samuel Argall détruisit Port-Royal. |
Port-Royal 1605-1613. |
Croissance de l'Acadie |
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Entre 1604 et 1670, la population acadienne se concentrait surtout à Port-Royal. À partir de 1670, on développa de nouveaux établissements d'abord à Chignectou vers 1670, puis Les Mines vers 1680.
Entre 1713, on comptait environ 2 500 Acadiens. Plusieurs nouveaux villages furent fondés et on en dénombrait environ 15 000 en 1755. Le territoire acadien cédé par la France en 1713 se limitait à la péninsule de la Nouvelle-Écosse. En 1749, l'Angleterre fonda Halifax, nouvelle capitale de cette colonie. Les relations entre les Acadiens et les autorités anglaises s'altèrent forçant beaucoup d'Acadiens à se réfugier dans les territoires français: l'Ile Saint-Jean (Ile-du-Prince-Édouard), l'Ile Royale (Cap-Breton) et sur le territoire actuel du Nouveau-Brunswick. |
Pierre angulaire et calice de Beaubassin. |
Les tensions entre les Anglais et les Français résultèrent
en la déportation d'une grande partie de la population acadienne entre 1755 et 1763.
Le premier embarquement a eu lieu à Grand-Pré en octobre 1755.
L'exil |
Environ 7 000 Acadiens furent déportés de la région de la baie Française en 1755, 3 500 de l'île Saint-Jean en 1758 et plusieurs centaines d'autres les quelques années suivantes. La plupart étaient destinés à être assimilés dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre; plusieurs furent exilés en France et en Angleterre. De ceux-ci, un nombre important réussit à gagner la Louisiane, territoire français qui fut cédé à l'Espagne. On trouvait aussi des Acadiens réfugiés au Québec sur le long du fleuve Saint-Laurent et en Gaspésie. On déporta: 3 500 en France et en Angleterre, 900 au Massachusetts, 675 au Connecticut, 200 à New York, 700 en Pennsylvania, 860 au Maryland, 1 150 en Virginia, 290 en North Carolina, 955 en South Carolina et 320 en Georgia. |
Le retour |
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Après le traité de Paris en 1763, les Anglais permirent aux Acadiens de demeurer en Nouvelle-Écosse à deux conditions: ils devaient prêter un serment d'allégeance et se disperser en petits groupes. Cependant, de tous les exilés, un faible nombre sont revenus s'établir définitivement en Acadie. Ceux-ci, avec les Acadiens qui avaient réussi à s'échapper de la déportation, ont dû s'installer dans d'autres régions, leurs anciennes terres étant occupées par des colons anglais. |
Serment d'allégeance signé |
Les missionnaires |
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Après la dispersion, les Acadiens réorganisèrent leur vie religieuse en collaboration avec les missionnaires. Ces derniers donnèrent des structures religieuses à l'ensemble des établissements acadiens. À défaut de prêtre, un homme respecté dans la communauté disait la "messe blanche" et dirigeait les activités religieuses.
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Étalage d'objets religieux |
La nouvelle Acadie |
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Le rétablissement des Acadiens ne fut pas sans misère: des nouvelles terres devaient être défrichées, parfois sous l'autorité de propriétaires exigeants.
Les nouvelles régions peuplées par les Acadiens ne correspondaient pas en général aux anciens établissements d'avant la déportation. |
Évangéline |
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Le poème Évangéline, écrit par l'Américain Henry Wadsworth Longfellow, fut publié en 1847. On compte aujourd'hui plus de 200 éditions différentes et environ 130 traductions.
Deux fiancés d'Acadie, Évangéline Bellefontaine et Gabriel Lajeunesse sont séparés par la déportation. Une seule pensée domine la vie d'Évangéline, celle de retrouver son Gabriel. Elle passe sa vie à le rechercher à travers le centre-ouest américain pour enfin le découvrir vieillard, mourant dans un hospice.
Le poème est à la source d'un des plus importants mythes acadiens. Il eut comme conséquence d'éveiller dès la deuxième moitié du XIXe siècle, une conscience collective et nationale. Ce poème suscita une critique littéraire et historique, mais le grand public se laissa charmer.
Chez les Acadiens, le symbole se cristallisa dans l'artisanat, la sculpture, l'imagerie, le costume, le théâtre, la chanson, la peinture et les noms de personnes et de lieux.
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Évangéline |
Collège Saint-Joseph |
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Un des phénomènes de la renaissance acadienne fut l'organisation d'institutions d'enseignement supérieur. La période précédente avait contribué à un éveil national dû en grande partie à la diffusion d'écrits sur les Acadiens, tant historiques que littéraires.
En 1854, le premier collège d'éducation de langue française dans les provinces Maritimes fut fondé à Memramcook grâce aux efforts de l'abbé François-Xavier Lafrance. Son oeuvre, qui échoua en 1862 suite à des difficultés financières, fut continuée en 1864 sous le nom de Collège Saint-Joseph, par le père Camille Lefèbvre. En 1963, l'Université Saint-Joseph devient l'Université de Moncton.
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Maquette du Collège |